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Pourquoi peindre

pour survivre
pour respirer
pour m’en sortir
pour dire le monde, la peur, la joie, les autres
pour dire la force
le souffle
la vie
pour évite la confusion des mots

Pourquoi la peinture ?

ça fait reculer les murs
c’est simple, visible par tous
c’est hors du langage
ça donne du sens au silence

Ça reste pour moi le moyen le plus évident et le plus difficile ; il faut une sacrée dose d’inconscience ou de farouche détermination pour peindre aujourd’hui ; avec ce matériau venu du fond des ages quand tant d’autres possibilités de s’exprimer sont offertes, plus rebelles en apparence, plus mentales, plus conceptualisable.
Mais le fait de peindre au début du vingt et unième siècle, de s’installer avec son barda devant une toile blanche pour dire comment on voit ce monde est déjà, je trouve, très audacieux ; Il ne faut pas avoir peur des redites et il faut une bonne dose d’orgueil pour se dire que tout n’a pas été dit et que l’on peut ajouter quelque chose ; en somme il faut oser
Pour moi seule la peinture et la toile peuvent parler de la solitude et de l’amour, de la vie et de la mort, de la poésie et du silence tremblant de l’air.
Dans ma peinture actuelle j’essaie de parler de ce courant ténu qui passent entre les êtres quels qu’ils soient avec leur différence, leur difficulté à se parler, se comprendre ou s’aimer.
Nous sommes tous d’une certaine manière handicapés au monde, engoncés dans nos corps, maladroits dans nos mots. La peur de la mort et la joie d’être en vie nous lient comme un fil invisible.
L’objet toile peut être ce passage libre de mots qui nous tient les uns aux autres ; devant la peinture chacun est à égalité ; pas d’échelle de valeur des émotions, du ressenti, de la beauté ou de la jouissance. Quelque chose comme une égalité des chances, une société rêvée ou chacun s’approprie l’art comme un objet offert, donné au regard, révélateur et qui peut tout a la fois apaiser, bousculer, réveiller ,transcender ; qui rejoindrait le sacré dont nous manquons tous ; Un objet magique en quelque sorte ;
Et la société est tellement tournée vers l’individualisme, la religion du corps l’obsession du paraître…devant l’opacité du monde je ne saurais dire autrement qu’en peinture la fragilité d’un mot, la folie d’un geste, le murmure de l’air, la violence et la douceur.

Dominique ALBERTELLI